La Communauté internationale bahá'íe - Déclaration soumise à la Conférence des Nations Unies sur la science et la technique au service dudéveloppement.
Vienne, AutricheDepuis son début, il y a plus de 100 ans, la foi bahá'íeconsidère la science et la technologie comme étant essentielles audéveloppement complet de l'individu et de la société. Elle a toujours envisagéle développement comme étant un processus global -comprenant le bien-êtrephysique, mental et spirituel de tous les peuples, et considérant que la scienceet la technologie, convenablement canalisées, peuvent contribuer àl'accomplissement de ce but pour toutes les nations.
La Communauté internationale bahá'íe souligne toujoursl'importance de l'éducation, de la formation dans les arts et les sciences àune échelle universelle. Le développement de l'esprit, l'étendue du savoirhumain et le pouvoir de l'individu de résoudre des problèmes complexescontribuent ensemble au bonheur, à la grandeur et à la paix individuels. Unhomme, ou une femme, bien formé et accompli selon la méthode scientifique est,du point de vue bahá'í, un "véritable indice de l'humanité" et lespossesseurs de connaissances scientifiques ont un rang élevé parmi les peuples.La science et la technologie orientées vers le bien de l'humanité sont vraimentdes accomplissements dignes de louanges.
Une civilisation équilibréeDu point de vue bahá'í, les êtres humains existent afin decontribuer à l'avancement d'une civilisation en progrès continuel. La scienceet la technologie, au cours de ce siècle, ont rendu possible l'unificationphysique de la planète et mis en évidence l'interdépendance de toutes lesnations et de tous les peuples. Bien que les structures sociales, économiqueset politiques n'aient pas encore atteint cette unité de l'humanité, le rapidedéveloppement scientifique continue à perfectionner les instruments qui rendentcette unité possible. Étant donné que les pauvres, particulièrement dans lespays en voie de développement, sont encore dépourvus de la plupart desbienfaits du progrès scientifique, il est essentiel d'avoir des moyensnationaux et internationaux pour assurer une distribution et une applicationmeilleures des connaissances existantes. Il s'avère cependant que, même dansles pays les plus avancés, le développement matériel actuel ne peut pastoujours rester soutenu et, ce qui est encore plus important, qu'il necontribue pas nécessairement au bonheur et à la tranquillité du genre humain.En effet, si la civilisation matérielle dépasse le progrès social et spirituelde l'être humain, comme c'est aujourd'hui le cas, elle fera énormément de malet menacera la survivance du genre humain.
Le remède à la désunionIl n'est pas surprenant pour la Communauté internationalebahá'íe, par conséquent, qu'une solution permanente aux problèmes globauxpuisse encore sembler insaisissable et éloignée, étant donné que tous lesefforts en vue du développement, y compris ceux qui ont recours à la science etla technologie, ne peuvent avoir que des effets temporaires, à moins que leproblème fondamental de notre âge, la désunion des peuples de notre planète,soit en premier reconnu, sa cause fondamentale comprise et son expression dansla conduite individuelle et sociale éliminée. Considérant ce globe terrestrecomme n'étant "qu'un seul pays et une seule habitation", les bahá'ísenvisagent l'établissement de l'unité parmi les peuples de toutes sortes commeétant une condition primordiale en ce qui concerne la paix et le bonheur desindividus et des nations. Le processus du développement devrait donc employerla science et la technologie, avant tout, de façon à refléter entièrementl'unité organique fondamentale du genre humain, en contribuant à l'abolition detous les préjugés et causes de divisions, qu'il s'agisse de classe, croyance,sexe, race ou nationalité.
Moyens d'enrichissement humainNous savons que, si elle est correctement employée, la sciencepeut conduire à l'amélioration du genre humain, au développement des qualitésde l'humanité et à la compréhension des mystères de l'univers. Nous savonsqu'il lui est possible de déraciner la pauvreté, enrichir l'humanité et lalibérer de la lutte pour son existence. Si le monde matériel existe, comme lecroient les bahá'ís, pour le bénéfice des êtres humains, c'est grâce à lascience que nous pouvons comprendre le potentiel des ressources existantes etapprendre à développer cet héritage naturel pour nous mêmes et les générationsfutures. La science devrait donc être cultivée afin d'améliorer la vie humaineet avoir comme but conscient et ultime l'établissement de la paix mondiale etl'unification du genre humain.
Malheureusement, la science peut également perfectionner lesinstruments de guerre, soutenir la concentration et les abus de pouvoir, saperles valeurs sociales et culturelles, et mettre en danger l'existence du genrehumain. Il n'est donc pas suffisant de garantir le progrès. Il doitêtre dirigée par les valeurs et buts civilisateurs de la société qu'il estcensé servir. Un tel fondement de valeurs instillées dans l'esprit de savantsindividuels peut être un moyen extrêmement efficace d'éliminer les obstacles àl'application de la science et de la technologie au développement. Ces savantss'apercevront immédiatement du besoin prioritaire de développement et voudrontmettre leur savoir au service de leurs semblables. Motivés de la sorte, ilsencourageront le transfert approprié de la technologie, stimuleront lesnouveaux progrès scientifiques et techniques dans le développement des régionsdifficiles et amèneront tout naturellement l'intégration de la science dans ledéveloppement social et économique.
Les forces les plus puissantesUne grande partie de la difficulté qu'il y a, de nos jours, àappliquer la science au développement provient du fait que l'on néglige derattacher la science aux valeurs spirituelles et morales fondamentales surlesquelles est édifiée la société. Ces valeurs, qui sont la base du progrèsréel de la science et de la technologie en faveur du développement,proviennent, du point de vue bahá'í, de la religion. Traditionnellement, lareligion a fourni des prototypes et des buts à l'individu et à la société, maisl'interprétation erronée et la déformation de ses enseignements fondamentauxont donné naissance a des préjugés, tels que le dogmatisme, les superstitions,le fanatisme, qui sont tous des obstacles majeurs en ce qui concerne ledéveloppement. D'autre part, le progrès scientifique, dépourvu des valeursreligieuses apportées par les fondateurs des religions révélées du mondeentier, a donné naissance au matérialisme, caractérisé par l'avidité,l'égoïsme, la défiance et l'injustice.
Si un développement durable doit prendre place, la religion etla science, "les forces les plus puissantes dans la vie humaine",doivent arriver à s'unir. Ces aspects de la même réalité doivent êtreréconciliés, coopérer et se développer harmonieusement. Nous savons que lascience et la technologie ne peuvent pas, de par elles mêmes, résoudre tous lesproblèmes humains; ce sont des instruments dont on peut se servir ou abuser enfonction de facteurs sociaux, économiques et politiques. Les bahá'ís sontconvaincus que c'est seulement lorsque le progrès scientifique sera équilibrépar l'avancement spirituel que le développement aura une valeur durable etaboutira à une civilisation mondiale pacifique, capable de dégager le potentielénorme du monde physique en vue du bien-être de l'humanité.
Aujourd'hui, dans plus de 340 pays et territoires, lescommunautés bahá'íes, dont se compose la Communauté internationale bahá'íe,acceptent un modèle de vie qui considère les valeurs scientifiques etreligieuses comme étant les aspects d'une seule et même réalité. Cette approcheleur permet d'être réceptives aux progrès scientifiques et technologiques,ainsi que d'encourager la canalisation de ces nouvelles connaissances de façonspropres à rehausser la vie spirituelle, intellectuelle et matérielle du genrehumain.
BIC Document #79-0820F